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Les migrations marocaines au prisme d'une géographie intersectionnelle. Entre dynamiques d'émancipation et processus de marginalisation. (Espagne et Dubaï)


HDR de Chadia ARAB (ESO Angers) soutenue en 2021 à l'Amphi Germaine Tillion, Maison de la recherche de l'université d'Angers
Composition du jury :
  • Raymonde SÉCHET, Professeure émérite (géographie), Université Rennes 2, ESO (Présidente),
  • Mohamed CHAREF, Professeur de géographie, Université Ibn Zhor d’Agadir, ORMES (Rapporteur),
  • Claire HANCOCK, Professeure de géographie, Université Paris-Est, Lab’URBA - UPEC (Rapporteure),
  • Olivier PLIEZ, Directeur de recherche au CNRS, ArtDev, Montpellier (Rapporteur),
  • Marco MARTINIELLO, Directeur de recherche, FNRS, CEDEM, Université de Liège (Examinateur),
  • Adelina MIRANDA, Professeure de sociologie, Université de Poitiers, MIGRINTER (Examinatrice),
  • Catherine WIHTOL DE WENDEN, Directrice de recherche au CNRS, CERI Sciences Po (Examinatrice),
  • Driss EL YAZAMI, Président du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger, Rabat (Invité),
  • Christian PIHET, Professeur émérite (géographie), Université d’Angers, ESO (Garant)


 

Ce second volume de l’Habilitation à Diriger des Recherches (volume inédit) présente une position de recherche à l’entrecroisement des apports de la géographie sociale, la géographie des migrations et d’une géographie du genre. Je m’inscris aussi dans ce qui est une géographie critique et radicale, et vers une géographie en construction, à laquelle je souhaite contribuer qui est celle d’un cadre d’élaboration d’une géographie postcoloniale et décoloniale, en lien avec l’ensemble des évolutions sociales, migratoires et territoriales de ces dernières années.

La migration est ici étudiée à travers une approche intersectionnelle dans des courants de la géographie identifiée (telle que celle du genre, des migrations, et d’une géographie décoloniale) et aussi d’une micro-géographie. Les femmes qui migrent aujourd’hui produisent des changements économiques, sociaux et territoriaux au sein de leur famille, de leur pays d’origine et d’installation, dans des perspectives d’ascension sociale et de transformations de leurs espaces de vie. Ces migrations permettent d’une certaine manière à ces femmes de s’émanciper, de s’« empowermenter », de créer des dynamiques pour plus de libertés. Mais ces migrations sont aussi source de précarité, de difficultés, de fractures, de marginalités, créant ainsi des micro-lieux en dualité et en crispation.

Cette HDR, avec deux terrains principaux que sont Dubaï aux Émirats Arabes Unis et la province de Huelva en Espagne, tentera de mieux saisir en quoi les migrations des femmes produisent et fabriquent pour certaines des dynamiques d’émancipation et pour d’autres induisent des processus de marginalisation. Pourquoi certaines femmes parviennent-elles – par des mobilités parfois complexes, des parcours sinueux, parfois même sans avoir réfléchi et anticipé leurs parcours, voire voulu leur migration – à réussir malgré tout leur projet migratoire ? Alors que d’autres se retrouvent dans des impasses géographiques de la migration ? Quels sont ces interstices territoriaux et sociaux en crise et en friction ? Comment les investissent-elles ? Quel capital social, économique et spatial permet d’expliquer ces espaces de migration où certaines s’insèrent et d’autres se renferment ? Quel rôle jouent les hommes et les familles dans ces stratégies de mobilités sociales et spatiales ? Quel impact sur les rapports de genre et sur les espaces de migration (départ et arrivée) ?