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Géographie des destinations touristiques gourmandes


Thèse de Dénali BOUTAIN (ESO Angers)
Direction :
Financement :
  • Contrat doctoral (Angers Loire Métropole)


À propos du tourisme gourmand, Julia Csergo, professeure à l’Université du Québec à Montréal, écrit : « A partir de ce bref rappel des conditions d’émergence du phénomène qui relie le tourisme et la gastronomie, j’ai souhaité montrer qu’il concerne à la fois le rural et l’urbain, le secteur agricole et le secteur culinaire, les lieux de la production, ceux de la distribution et ceux de la consommation, les produits locaux et leurs célébrations festives, la tradition et la création, les habitudes alimentaires et les modes de vie, l’expérience de la découverte » (Csergo, 2016). Autrement dit, il s’agit d’un phénomène englobant, d’un ensemble de pratiques qui intègre un « tout culturel » (Csergo, 2016). Bien que récent, le tourisme gourmand mérite donc amplement d’être étudié.

Pourquoi avons-nous choisi de parler de destination touristique gourmande ? Une destination touristique est un territoire qui se prête à une interprétation touristique (Hazebroucq, 2009). Pour parler de destination, il faut que le touriste se projette ; il faut que ce dernier mette en place un espace de récréation (repos, jeu, découverte, shopping) (Violier, 2009). On ne peut donc pas dire d’un territoire qu’il est une destination touristique si ce dernier n’est pas perçu comme tel par ceux qui le vivent et le pratiquent, c’est-à-dire les touristes.

L’enjeu de cette thèse est d’analyser cette (ou ces) interprétation(s) et, bien évidemment, les perceptions que les touristes eux-mêmes ont du tourisme gourmand. Nous devrons nous demander en quoi, mais aussi comment les touristes interprètent un territoire par sa gastronomie, sa nourriture et ses boissons, par ses arts de la table, ses savoir-faire ou bien encore ses réappropriations et/ou ses réadaptations culturelles, donc culinaires.

Pour étudier le tourisme, nous pensons que l’accent doit être mis sur les intentions de pratiques et les pratiques touristiques effectives. En quoi la destination touristique gourmande est-elle un espace culturellement défini ? Ou bien s’agit-il d’un territoire institutionnel défini pour et par des touristes ? Ou encore d’un espace projeté, interprété et transformé dans l’espace des aménagements et des équipements et dans l’espace des pratiques, des discours et des imaginaires, pour et par les touristes ?

Le recours à une étude interscalaire nous permettra de comparer les structures entre elles, de la stratégie socioéconomique et culturelle très locale d’un cuisinier comme Georges Blanc à Vonnas (Etcheverria et Clergeau, 2013), aux politiques régionales voire nationale de valorisation de la gastronomie comme outil de développement territorial. Les destinations touristiques gourmandes connaissent toutes des dynamiques hétérogènes, des différences dans leurs émergences, leurs structurations et leurs évolutions. L’étude de ces dynamiques nous permettra de nous interroger sur les changements à l’œuvre du point de vue des localisations des populations et de leurs activités, ainsi que des aménagements et des capacités de maîtrise des territoires étudiés.