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Les personnels d'encadrement du secteur social et médico-social à l'épreuve du management et de la gestion


Thèse de Simon HEICHETTE (ESO Angers)
Direction :


Depuis le début des années 2000, le secteur social et médico-social français connait de profondes transformations. Les associations gestionnaires d’établissements et services doivent notamment s’adapter aux effets induits par les réformes du secteur, inspirées par les doctrines du New Public Management : réduction ou maitrise des dépenses, accroissement du contrôle et de la gestion des organismes par les administrations, introduction des méthodes managériales dites de la performance. Les organisations doivent ainsi  se restructurer pour réaliser des économies de moyens et se conformer à l’ensemble des nouvelles règles de gestion. Du côté du travail social réalisé (M. Chauvière, 2007), les professionnels sont appelés à intégrer les principes des démarches qualité et des évaluations continues de la performance, calquées sur les modèles managériaux en vogue dans les entreprises privées à but lucratif, mais aussi à suivre les prescriptions du travail définies par les autorités (désinstitutionalisation, développement de la prestation de service…).

Cette thèse de sociologie s’intéresse aux transformations des fonctions d’encadrement du secteur social et médico-social associatif qu’ont induites ces réformes. A partir des concepts issus de la sociologie compréhensive, elle interroge d’abord la légitimité à prendre part au travail d’encadrement et de gestion, tandis que les nouvelles exigences en matière stratégique (développement de l’association ou survie de celle-ci dans un univers quasi concurrentiel), technique (domaines des ressources humaines, de la qualité, financier, patrimonial, etc.) et managériale (conservation de la paix sociale dans une période de changement imposé) ont engendré une nouvelle division du travail d’encadrement et de gestion au sein des associations. A tous les niveaux hiérarchiques, la légitimité à occuper ces fonctions est ainsi questionnée, d’autant plus que les années 2000 marquent l’accroissement des effectifs de salariés cadres issus d’autres champs d’activité et l’embauche de personnels issus directement de la formation initiale, en particulier des nombreux masters 2 qui ont été créés à partir du milieu de la décennie. Elle étudie ensuite les recompositions des significations que les cadres attribuent à leur travail, au regard des prescriptions qu’ils sont contraints d’appliquer mais aussi de leur engagement personnel dans une activité à finalité sociale. Les degrés d’acceptation et de résistances à leurs nouvelles missions laissent entrevoir les reconfigurations identitaires chez cette catégorie de salariés.

Cette thèse s’appuie sur un travail empirique constitué principalement d’une série d’entretiens non directifs de recherche réalisés auprès de cadres, de l’étude des évolutions d’un certain nombre d’organisations, ainsi que de périodes d’observation participante au sein d’associations gestionnaires d’établissements sociaux et médico-sociaux.