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Influences des conditions de vie étudiante sur la réussite en Licence


Thèse de Jaoven LAUNAY (ESO Angers)
Direction :
Financement :
  • Contrat Doctoral Université Angers

Composition du jury :


     

    Le projet doctoral envisagé portera sur les conditions de vie des étudiant.es et leur influence sur les parcours universitaires de formation post-bac au sein des composantes de l’Université d’Angers. Dans la continuité des enquêtes menées de longue date sur ces questions, tant au niveau national (Bourdieu & Passeron, 1964 ; OVE, 2020), qu’au sein de l’Université d’Angers (Gaillard & Rexand-Galais, 2017), cette thèse portera une attention sociologique particulière aux caractéristiques de la vie quotidienne des étudiant.es de Licence, considérant qu’elles ont un impact décisif sur la réussite ou les difficultés des parcours de formation de ce niveau universitaire. Ce projet doctoral se situe dans un contexte particulier et inhabituel qui sera constitutif de la recherche envisagée. D’une part, il s’inscrit dans une actualité nationale marquée par l’épidémie de Covid 19 et des mesures sanitaires et politiques inédites, ayant de fortes incidences sur les réalités quotidiennes des populations étudiantes et le fonctionnement des établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les enquêtes récentes, comme celles de l’Observatoire national de la vie étudiante, s’inquiètent en effet du vécu quotidien des modalités d’enseignements qui se sont imposées (distanciel/hybride/numérisation) et des situations sociales, psychologiques, économiques des étudiant.es, l’ensemble participant d’un sentiment accru de « solitude et d’isolement » (Observatoire national de la Vie Étudiante, 2021, p. 5). Ce projet doctoral s’inscrit, d’autre part, dans une période d’évolution conséquente des politiques publiques d’enseignement supérieur et de recherche (LRU) qui nécessitent d’être prise en compte. En effet, la diversification croissante de l’offre de formation universitaire, articulée à des enjeux d’emplois et de performance économique nationale, la modification des allocations de moyens des établissements et l’augmentation du nombre d’étudiant.es peuvent entraîner un « renforcement des inégalités et des hiérarchies entre établissements et étudiants » (Cordazzo, 2019, p. 7).  La thèse sera ainsi attentive au fait que la compréhension sociologique des conditions de vie des étudiant.es ne peut se faire sans porter une attention aux conditions de fonctionnement des établissements qui les accueillent.

     

    Forte de la prise en compte de ce contexte complexe, la thèse suivra une démarche sociologique, à la fois transversale et longitudinale (Mercklé, 2020), durant laquelle le ou la doctorant.e produira des observations sur les conditions de vie des étudiant.es de Licence inscrit.es à l’Université d’Angers. Si l’état de l’art, la délimitation précise des objets et des méthodes de recherche seront affinés lors de la première année de thèse, une investigation approfondie, quantitative et qualitative, de la situation globale des étudiant.es (en matière de vie sociale, de bien-être, de ressources, de santé, d’emplois, de logements, de mobilités, …) sera mise en œuvre l’année suivante, pour appréhender les enjeux afférents sur la réussite étudiante. À partir de ces différentes thématiques caractéristiques des conditions de vie étudiante[1], il s’agira de comprendre les disparités de supports sociaux et des conditions d’existence des individus selon les mondes étudiants identifiés (Castel, 2003 ; Gaillard, 2021) ; de mesurer les inégalités qui en découlent et les incidences sur les parcours de formation ; d’identifier les profils des étudiant.es les plus précaires et ce qui détermine de tels écarts situationnels. La troisième année de thèse visera l’analyse des résulats, leur valorisation scientifique et leur projection future sous forme d’éventuelles préconisations d’action en direction des étudiant.es les plus fragiles au sein de l’établissement.

     

    En cohérence avec cette approche sociologique et d’un point de vue méthodologique, un travail quantitatif sera donc tout d’abord mis en œuvre pour réaliser une photographie statistique précise des conditions de vie des étudiant.es de Licence. Nourrie des données administratives déjà existantes (notamment issues des données dont dispose l’Université d’Angers), des enquêtes réalisées sur les conditions de vie étudiante (Gaillard & Rexand-Galais, 2017) ou d’enquêtes plus récentes (ACADISCRI, OVE), la thèse sera l’occasion d’une démarche d’enquêtes quantitatives auprès d’une population étudiante représentative et portant sur les grandes thématiques identifiées en amont. De manière complémentaire, des investigations qualitatives, en focus group, seront ensuite réalisées auprès des étudiant.es des trois années de Licence, afin d’affiner les résultats quantitatifs obtenus et leur analyse. Enfin, en accord avec un ancrage épistémologique de type collaboratif, les enquêtes menées se feront en intelligence avec les personnes étudiantes concernées et en cohérence avec le fonctionnement de l’établissement, des services ou des instances qui pourraient être ressources au cours de la thèse.

     

    Ce travail de thèse sera valorisé à deux niveaux. Le premier niveau relève des contributions scientifiques s’agissant d’une sociologie des conditions de vie des personnes étudiantes. Celui-ci se traduira par des publications régulières dans des revues de sociologie et de sciences humaines et sociales (françaises et anglo-saxonnes et en Open Access sur HAL) et par une participation active du ou de la doctorant.e aux temps de communication scientifique et académique de l’établissement. Le second niveau de valorisation, davantage institutionnel, envisage que les résultats de la recherche participent de la dynamique de l’Université d’Angers visant à soutenir les étudiant.es dans leur parcours universitaire au niveau Licence (en cohérence avec le programme Thélème). En plus de produire des données compréhensives sur les conditions de vie quotidienne des étudiant.es angevins, permettant de mesurer les effets sur les parcours de formation en Licence, les résultats de cette thèse pourront donc soutenir toute démarche ou innovation de l’Université d’Angers contribuant à accompagner les étudiant.es les plus fragiles.

     


    [1] Bien que l’orientation disciplinaire de la thèse soit à dominante sociologique, les thématiques impliquant d’autres disciplines (psychologie, géographie sociale) ne seront pas occultées et s’inscriront dans un dialogue pluri-disciplinaire.