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Initiatives de communautés de pratiques, politiques publiques et usages du territoire


Thèse de Josselin LE CLAIRE (ESO Angers)
Direction :
Financement :
  • Contrat doctoral


Si le terme de communauté est largement utilisé dans le langage courant, recouvrant des notions floues mais relativement compréhensibles par tous, son pendant conceptuel, est, a contrario, bien plus complexe à définir, et peut présenter une grande diversité de sens au sein de la communauté scientifique, selon les disciplines et l’appartenance culturelle de ceux qui l’étudient. Les enjeux liés à la communauté, comme objet scientifique, sont pourtant importants à comprendre pour identifier et analyser les phénomènes sociaux issus de groupes d’individus plus ou moins distincts au sein des sociétés, les impacts de leurs activités sur les territoires, la manière dont les pouvoirs publics peuvent les encadrer, et la traduction de cet encadrement dans la loi.

Les communautés de pratiques sont à l’origine de nouvelles approches des espaces vécus et permettent des initiatives collectives répondant à l’accomplissement de valeurs, aspirations ou besoins. L’analyse de l’approche territoriale des communautés de pratique s’intéresse, dans le cadre cette thèse de géographie, aux initiatives communautaires et aux collectifs nés de regroupement d’usagers d’une part, ainsi que d’initiatives s’inscrivant statutairement dans le cadre de l’économie sociale et solidaire (ESS) d’autre part. L’ESS représente un cadre d’étude privilégié pour analyser les rapports initiatives communautaires / politiques publiques. En effet, cette dernière a une place non négligeable dans l’économie française. Avec 10 % du PIB de notre pays et 12,5% des emplois privés, ses dynamiques, aussi multiples et diversifiées soient-elles, sont à prendre en compte dans l’étude et la compréhension du développement économique des territoires. L’économie sociale et solidaire offre par ses structures et objectifs des éléments concrets de renouveau et réappropriation par et pour les individus : reprise en main de l’économie par les salariés, non lucrativité, engagement citoyen, associations…, l’ESS, dans son vaste champ d’exercice, semble pouvoir redonner la priorité à la personne et à l’intérêt général et communautaire. En cela, une partie de cette économie représente une véritable opportunité pour les territoires et le développement local, avec le développement d’activités non délocalisables d’intérêt collectif, ainsi que la façon d’appréhender et de vivre l’espace commun. Forts de ce constat, avec les opportunités économiques et les aspirations citoyennes que l’ESS peut dans son ensemble peuvent faire émerger, de multiples acteurs se mobilisent afin de promouvoir ce type d’économie, considéré comme une opportunité pour le développement et l’économie des territoires.

La thèse a donc comme enjeu de mettre en évidence le rôle des politiques publiques sur le développement d’initiatives collectives, émanant de l’ESS d’une part, et des groupes d’usagers d’autre part, ainsi que la transformation et l’adaptation des politiques publiques à ces nouvelles approches territoriales.

Les terrains d’études, en cours de sélection, permettront d’aborder la question de l’appropriation des espaces, et de mettre en évidence la manière dont les communautés de pratiques œuvrent à réinventer les rapports aux espaces communs, dans l’expression de nouvelles sensibilités et nécessités. Il s’agit également de s’interroger sur l’impact des dynamiques communautaires sur les territoires. Ces dernières, au-delà de servir aux collectifs d’usagers, sont-elles bénéfiques aux territoires : développement, équilibre et promotion de valeurs dans l’espace public ?

 

Problématique et objectifs de recherche :

La problématique de la thèse est : comment les interactions entre les initiatives de communautés, instituées ou non, et les politiques publiques impactent les territoires ?

L’objectif principal de cette thèse est d’identifier les outils et dispositifs mis en place pour promouvoir ou encadrer les activités conduites par des collectifs dans les territoires (qu’ils relèvent des statuts de l’ESS ou qu’ils s’agissent de regroupements communautaires informels), et à évaluer les objectifs de ces initiatives et ceux des politiques qui les accompagnent.

L’un des autres objectifs est de comprendre par quels moyens, dans quelles interactions, les acteurs inventent ou réinventent les nouvelles proximités territoriales. De la même manière, on cherche à identifier les mécanismes que peuvent déployer les politiques publiques pour soutenir et réactiver des initiatives, communautaires ou répondant à des besoins locaux, et rendre leur efficacité plus grande.

Ce que l’on qualifie ici « d’accélérateurs d’initiatives » est l’un des objets majeurs du travail de recherche, qui s’attache à expliquer le rôle des politiques publiques dans la prospection, le soutien ou le renforcement d’initiatives locales, ainsi que leur diffusion dans la mesure du possible.

Nous menons une réflexion sur la manière dont les pratiques et dynamiques communautaires peuvent s’inscrire dans les territoires, donc métamorphoser l’action publique et les politiques publiques.

Comment ces dernières peuvent-elles se saisir des innovations portées par les communautés, notamment dans les nouveaux rapports à l’espace, pour les proposer à un plus grand nombre et au service de l’intérêt général, lorsque ces innovations s’avèrent bénéfiques.

Déterminer la façon dont les politiques publiques peuvent accompagner et soutenir des projets porteurs de développement économique et social, les faisant passer d’initiatives communautaires à entreprises de bien commun est un objectif à atteindre. Pour cela, il faut expliquer et mettre en exergue le rôle des politiques publiques dans le développement d’outils prenant en compte voire développant des pratiques communautaires, dont les acteurs n’ont parfois pas conscience du rôle social et solidaire de leurs activités.