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Jeunesse, développement économique et touristique : Cas la Kabylie en Algérie


Thèse de Mouloud OUARAS (ESO Angers)
Direction :

Composition du jury :


     Dans la thèse que nous proposons, nous tenterons de comprendre les nouveaux langages qu’adopte « le monde » de la jeunesse[1] dans sa machine à fabriquer la quantité. Pour cela, nous nous efforcerons, à travers notre expérience, de déchiffrer ce qui paraît être de nouvelles expressions ! Nous aurons alors à examiner, de manière plus approfondie, certains aspects de l’impact et de la place de ces jeunes dans le développement ; son organisation, ses promoteurs et ses instruments.

    Pour le besoin de cette recherche, nous nous intéresserons principalement à la Kabylie, un territoire aux spécificités sociologiques singulières ; singulières par son Histoire mais aussi par son rapport au Présent et à la modernité.

    A ce stade, il est important de signaler et, ce pour une meilleure compréhension de notre intérêt pour ce territoire, que la société kabyle est très attachée à la notion de famille. Les Kabyles vivent en grandes tribus (villages) où l’on trouve, dans une même famille, des membres de la 4ème ou la 5ème génération issus d’un ancêtre commun. Cette structure sociale repose sur une forte solidarité et un contrôle social rigoureux, ce qui peut faire leur force mais aussi peut-être leur faiblesse.[2]

    L’Algérie est un pays dont l’âge médian est de 28,3 ans[3]. Une grande majorité de sa population est jeune et appartient aux générations Y et Z[4].

    La génération Y regroupe les personnes nées entre 1980 et 2000. Elle a connu la mondialisation, l’arrivée d’internet, etc. Elle a été élevée par des parents plus à l’écoute de leurs besoins et leurs envies ce qui pourrait nous laisser croire que ces enfants sont des « enfants rois ». Cette génération a également vécu l’arrivée des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de Communication) ; les téléphones cellulaires, la Wifi, la pratique permanente des photos numériques, etc. Par ailleurs, faudrait-il déjà faire remarquer que cette génération n’a pas connu la guerre qui avait durablement marquée leurs parents, grands-parents et arrières grands-parents. Cette remarque pourrait, en temps voulu dans l’exposé des arguments, expliquer un comportement individualiste et consumériste impulsif.

    La génération Z, dans notre recherche, correspond à la population née à partir de l’an 2000. Une catégorie qui naît au moment de profondes transformations sociétales ; les situations familiales sont plus instables (monoparentalités, divorces, familles recomposées…). Cette génération a compris que l’école et les diplômes ne suffisent plus pour trouver un emploi : elle est donc plus créative. De plus, cette génération vit le mobile à la main et est ultra-connectée. Elle a moins de barrières et de filtres face aux contrôles sociaux et tabous que ses aînés[5].

    Autre fait paradoxal, la société kabyle, définie pourtant comme société rurale et traditionnelle, entre dans « le monde » de la société de loisirs sans transition mais surtout sans raisons objectives immédiatement palpables. En effet, les parents des jeunes que nous analyserons ne connaissent ni ne pratiquent cette culture. Autre fait notable, ces mêmes parents ne semblent pas avoir socialisé la jeunesse visée par notre analyse à de telles pratiques. Pourquoi, Comment ? Quand ? Sera la trame d’un certain nombre de chapitres de notre recherche.

    Pour ce faire, entendu le spectre multidisciplinaire de notre problématisation, il est important d’en préciser les champs sémantiques et de recherches préconisés afin d’indiquer les contours de nos pistes scientifiques les plus saillantes.

    Nous commencerons par évoquer toute la difficulté que nous éprouvons pour nous déterminer face à un champ disciplinaire qui porte un nom polysémique et mal défini. Assurément, « Le développement local est un processus grâce auquel la collectivité participe au façonnement de son propre environnement dans le but d'améliorer la qualité de vie de ses citoyens. Cette démarche nécessite une intégration harmonieuse des composantes économiques, sociales, culturelles, politiques et environnementales. »[6]

    À la lumière de cette idée, nous nous proposons d’articuler notre réflexion sur le développement local et donc une entrée via l’aménagement et l’organisation sociale de l’espace. Et comme le souligne (Maillat,1996 ) « il existe une autre logique du développement, une logique qui part des territoires locaux ou plutôt des systèmes sociaux territoriaux.…On peut ainsi montrer qu’il existe des dynamiques territoriales spécifiques qui fonctionnent de telle manière que le développement d’une région n’est pas subordonné à sa seule capacité d’attraction d’établissements ou de filiales de grandes entreprises, mais qu’il dépend de son aptitude à susciter des initiatives locales, à générer un tissu de nouvelles entreprises et à mettre en œuvre une dynamique territoriale de l’innovation ».

    Région montagneuse dominée majoritairement par des zones rurales, la Kabylie est une province adéquate pour un développement économique local et surtout touristique et sociale. En effet, sa force se trouve dans ses différentes ressources naturelles et patrimoniales mais également dans l’implication de la population civile en dépit du manque de moyens et de l’implication des collectivités locales.

    [1] Beaucoup d’encre a coulé autour du terme « jeunesse ». Sa définition a évolué à travers l’Histoire et elle varie en fonction de l’intérêt du sujet étudié, comme nous le montre Pierre Bourdieu (1984) : « La jeunesse n’est qu’un mot ».

    [2] Pierre Bourdieu, 2006, p.6-23, Sociologie de l’Algérie, collection Que sais-je

    [3] http://www.ons.dz/-Demographie-.html, consulté le 23/03/2010 à 10h30

    [4] Katherine Khodorowsky, 2015, p.9-10, Marketing et communication jeunes – vendre aux générations Y et Z, édition Dunod

    [5] Katherine Khodorowsky, 2015, p.11-15, Marketing et communication jeunes – vendre aux générations Y et Z, édition Dunod

    [6] SOMMET DE MONTREAL, « document sur le développement local », septembre 2002, p1.

     

    Mots-clés de recherche :  jeunesse, développement, tourisme, Kabylie