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Les politiques de la vieillesse dans la région des Pays de la Loire


Thèse de Mickael BLANCHET (ESO Angers) soutenue en 2011 à Université d'Angers



  • JPG - 20.7 koLes politiques de la vieillesse ont consacré la dépendance, le Conseil Général et l’individu comme supports d’action. Les pouvoirs publics, notamment les Conseils Généraux, se sont appuyés sur le territoire pour mener à bien ces réponses. Néanmoins, le développement sectoriel des politiques gérontologiques s’est traduit par une dispersion de l’action gérontologique et par de nouvelles inégalités de répartition de l’offre. Or, le glissement de la notion d’usager à celle de client a eu pour effet de renforcer le rapport local à l’offre professionnelle. En effet, il résulte de la prise en charge politique des vieillards une double figuration autour de la dépendance et des objectifs de développement économique et territorial. Dans ce jeu, il ressort une « gestion » spatiale différenciée de la vieillesse : entre des zones où l’adoption des normes concurrentielles par les acteurs gérontologiques se traduisent sur les personnes âgées et leurs familles par l’adoption de pratiques consuméristes, et des zones rurales où la rentabilité économique de l’action gérontologique est mise à mal et est complétée par une prise en charge plus forte des familles ou des services sociaux. De fait, les interactions observées participent à la production locale de besoins, objets et normes de l’action, selon le degré de rentabilité économique. Il découle de ce désengagement du politique au profit des activités économiques, la construction spatiale d’une vieillesse sous un modèle centre-périphérie. Les populations âgées aisées (les moins prédisposées aux situations de dépendance et d’isolement) présentent les capacités géographiques, économiques et sociales à se référer aux pratiques d’indépendance et de choix. En revanche, les populations âgées les moins aisées et les plus fragiles situées en périphérie rurale et urbaine ne présentent ni les prédispositions géographiques, ni les capacités économiques pour se démarquer des productions normatives qui découlent des politiques de la vieillesse. De fait, un décalage se forme entre les espaces où se concentrent les activités productives, espaces de l’efficacité et des choix, et les espaces ou se gèrent les populations qui ne peuvent répondre aux requêtes de performance et de compétition.