ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Le végétal dans les villes coloniales maghrébines ; Marrakech, Alger, Sousse. Enjeux patrimoniaux et de qualité de vie

VegVilMagh


Financement :
  • Partenariat Hubert Curien Maghreb (MEAE et MESRI)


Sur la période 2019-2022

Les enjeux du végétal en ville, qui font l’objet de très nombreuses études dans les pays du Nord ces dernières décennies et y sont largement intégrés dans les politiques publiques, ne sont par contre pas une préoccupation majeure dans les villes des pays du Sud. Pourtant les bienfaits du végétal, désignés comme services écosystémiques, sont de plus en plus reconnus et mis en avant dans les projets et politiques urbaines locales, nationales et internationales et les enjeux du cadre et de la qualité de vie et des services écosystémiques liés au végétal dans ces villes de pays du Sud, souvent chaudes, polluées, à croissance urbaine mal maîtrisée, stressantes et à forte population pauvre, y sont peut être plus importants que dans les villes des pays occidentaux.

Ce projet vise à étudier le végétal de 3 villes maghrébines; Alger, Marrakech et Sousse, toutes trois profondément transformées et façonnées pendant la période coloniale française, Alger et Marrakech faisant partie des «villes laboratoires» dans le domaine de l’urbanisme colonial. En effet, le végétal participe des modèles urbains hier comme aujourd’hui et constitue par exemple, un marqueur de l’espace soulignant ou créant une ségrégation socio-spatiale.

L’évolution des 3 villes s’est traduite par l’accentuation de leur caractère minéral, le végétal ayant tendance à reculer dans l'espace public, et la palette de végétaux utilisée dans ces lieux révèle un changement qualitatif dans l'évolution des paysages de ces villes.

A travers une lecture croisée géographique, écologique, historique, artistique et littéraire, il s’agira de faire un diagnostic du végétal à Alger, Marrakech et Sousse (espèces, état, localisation, …) et le spatialiser selon une typologie à définir en croisant ces différentes approches. On mettra aussi en évidence sa dynamique d’évolution à échelle historique, et on analysera les fonctions actuelles et passées de ce végétal urbain ou péri-urbain, non seulement les fonctions et services écosystémiques classiques, mais également les fonctions spécifiques aux environnements coloniaux du végétal comme élément de domination, et aujourd’hui de ségrégation socio-spatiale. Ce diagnostic s’intéressera au végétal patrimonial des jardins historiques et colonial, ainsi qu’aux nouveaux végétaux des espaces publics et privés post coloniaux.

L’étude conjointe de ces 3 villes de pays colonisés par la France a pour objectif de saisir les logiques privées et publiques de choix des essences, d’organisation et de gestion du végétal, avant et durant la période coloniale, marquée par le modèle français, et postcoloniale, jusqu’à l’actuel.

Au-delà de la compréhension des facteurs classiques géographiques et historiques pré et post coloniaux, il s’agira, par la comparaison, de faire émerger i) ce qui ressort d’un « socle commun » durant la période coloniale, ii) en ayant identifié préalablement les éléments végétaux antérieurs propres à la culture locale subsistant durant cette période coloniale, iii) et les logiques qui président à l’organisation et aux choix actuels dans l’espace public et privé par les particuliers et les gestionnaires institutionnels.

L’objectif de cette analyse qualitative et quantitative est de comprendre les processus de construction / préservation des paysages végétaux de ces villes et vise aussi à produire des éléments concrets pour orienter les politiques publiques de gestion de ce végétal en ville, notamment face aux enjeux du changement climatique pour la réduction des effets « îlots de chaleur » et l’amélioration de la qualité de vie, dans un contexte de demande pressante de logements de qualité par une population croissante.



Contacts :
audenousia.taibi @ univ-angers.fr